• La semaine dernière, nous avons suivi l'histoire des Kanji au cours du temps. Il est maintenant temps de les étudier. Bien sûr, comme je l'ai déjà expliqué au cours d'articles précédents, le but ici n'est pas de donner une liste exhaustive des 2136 Jôyô Kanji, mais de comprendre leur nécessité dans la langue japonaise, de donner des clés permettant de les apprendre plus facilement et de lister les règles les concernant. 

     

    La première question qui nous est venue à un moment ou à un autre à l'esprit, c'est: "Mais quelle est l'utilité de s'encombrer avec les Kanji quand on a déjà les Hiragana et les Katakana?"

    En effet, à priori, lorsque l'on ne connait pas la langue japonaise, l'utilisation des Kanji nous paraît être inutile étant donné que les Hiragana et les Katakana sont des systèmes qui se suffisent pour transcrire la langue. Et c'est à ce moment que certains petits malins sont arrivés et ont dit "mais voyons, c'est pour faire la séparation des mots!" 

    Il est en effet plus facile de lire 中山さんと内山田さんは東京へ行ってから、京都で休みました。que なかやまさんようちやまださんはとうきょうへいってから、きょうとでやすむました。(Traduction: Après que Mr Nakayama et Mr Uchiyamada soient allés à Tôkyô, ils se sont reposés à Kyôto.). Les Kanjis jouent le rôle de séparateurs de mots, ce n'est pas faux. Mais je sens qu'au fond de votre être, vous pensez que cette raison n'est pas du tout convaincante, et vous avez raison! Si leur rôle se limitait à cela, des espaces auraient suffi, comme en coréen. 

    Mais les Kanji sont là, et ce pour une bonne raison. Si vous avez lu le cours précédent sur l'histoire des Kanji, vous avez compris qu'ils sont arrivés avant les Kana. Il y aurait donc une raison historique? Dans ce cas, pourquoi les Kana n'ont pas remplacé les Kanji? Juste par souci de garder des vestiges de l'ancienne écriture? La véritable raison est beaucoup plus terre à terre...

    Le système de Kana n'est pas assez puissant pour absorber la complexité de la langue japonaise. Voici un exemple simple que vous allez comprendre. 

    Exemple: 

    Voici un verbe écrit en Hiragana: おきます (Okimasu)

    Voyons maintenant les différentes écritures en Kanji de "おきます":

    起きます: Se lever 

    置きます: Poser

    Totalement différent, ces deux mots se prononcent "Okimasu". 

    Prenons maintenant un nom commun, はな (Hana)

    Cela donne en Kanji: 

    花 : Fleur

    鼻 : Nez

    Là aussi, nous voyons qu'une prononciation renvoie à plusieurs Kanji (et donc plusieurs sens). Mais pas d'inquiétude, il est assez facile de deviner selon le contexte si l'interlocuteur parle de fleur ou de nez! Cette particularité des Kanji donna naissance à un type de jeux de mots dont les japonais raffolent, qui se nomme le Ginata yomi (儀なた読み). 

    Quelques petits exemples: 

    あ、熊の人形 (a, kuma no ningyô = Ah, un ours en peluche)
    et... 悪魔の人形 (Akuma no ningyô = la poupée du diable)

    会いたい (aitai = Je veux te voir)
    あ、痛い! (a, itai = ah, ça fait mal!) 

    En voulant aller plus loin, on peut arriver sur des phrases complètes, par exemple:

    パン作ったことある? (Pan tsukutta koto aru? = As tu déjà mangé du pain?) 

    パンツ食ったことある?(Pantsu kutta koto aru? = As tu déjà mangé une culotte?)

    Les Kanji (partie 2: technique)

     Exemple de Ginata Yomi: A gauche, kyôfu no miso shiru (Soupe Miso de la peur). A droite, kyô fu no miso shiru (La soupe miso au blé d'aujourd'hui)

     

    Mais malheureusement pour nous, les Kanjis sont encore plus difficiles que nous venons de le voir. Nous avons vu qu'à une prononciation correspondait plusieurs Kanji. Mais pour un Kanji, il existe plusieurs prononciations! Pour faire simple, la prononciation du Kanji va dépendre de sa position dans le mot. Il existe deux types de prononciation: la on yomi (音読み) et la kun yomi (訓読み). 

    La prononciation on yomi est dérivée de la prononciation chinoise (mais modifiée pour correspondre au système phonétique japonais). C'est la prononciation qui sera utilisée lorsque le Kanji n'est ni suivi ni précédé par un autre Kanji.

    Le Kanji 訓 signifie "enseigner","commenter" en chinois , et peut être rapportée au contexte japonais. Lorsque les caractères chinois ont commencé à être utilisés au Japon, seule la lecture on était utilisée. Cependant, un texte écrit de cette manière était difficilement compréhensible pour un japonais, étant donné que la langue orale japonaise différait totalement du chinois). Ce type de lecture se nommait 漢文 (Kanbun). Cela n'était pas très pratique, il y eut donc nécessité d'ajouter une "traduction" à ce Kanbun. En effet, à l'époque, des annotations reliant les Kanji à des mots japonais étaient écrites en accompagnement du texte en Kanbun. C'est ce qu'on appelle le Kokun (古訓). 

    Le principe du Kokun consiste à calquer la prononciation japonaise sur un le kanji ayant la même signification en chinois associé. Par exemple, le mot "mer" (umi) s'écrivait  能海  en mannyôgana et s'écrit 海 en japonais actuel, comme le mot chinois signifiant mer (海) qui se prononce "hǎi". Les japonais ont donc adapté les Kanji importés de Chine aux mots japonais originaux. Mais cette utilisation des Kanji n'est pas systématique, et il existe des exceptions, comme 茸 (kinoko = champignon) qui s'écrit 菇 (Gū) en Chinois...  En définitive, l'adaptation des sinogrammes à la langue japonaise fut quelque chose de très difficile. 

    Exemple: 

    Voyons maintenant un exemple pratique de lecture on et kun sur un Kanji, 人, qui possède le même sens en chinois. Ce Kanji signifie "Personne"

     ON yomi: Hito 

    Exemple: この人は誰ですか? (Kono HITO wa dare desu ka?) = Qui est cette personne?

    KUN yomi: Jin, Nin

    Exemple 1: フランス人です。(FuransuJIN desu.) = Je suis français. (littéralement "une personne de France")

    Exemple 2: 何人がいますか? (Nan NIN ga imasu ka?)= Combien y a t'il de personnes

    Il y a donc ici 3 prononciations différentes pour un seul et même Kanji. Toutefois, le sens reste identique. Donc il est possible de comprendre le sens d'une phrase en connaissant seulement le sens du Kanji. Mais cela ne fonctionne pas à l'oral! Eh oui, l'apprentissage des Kanji constitue la partie la plus frustrante de l'apprentissage du japonais. Des mots que l'on sait lire mais que l'on ne comprend pas, des mots que l'on comprend mais que l'on ne sait pas lire: ce sera votre pain quotidien. Mais il ne faut pas vous décourager pour autant! 

    Il existe également d'autres types de prononciations, mais cette fois-ci plus anecdotiques, qui ne concernent que quelques mots: les Ateji et les Jukujikun. 

    Les Ateji ne sont employés que pour leur valeur phonétique , c'est le cas de 誤魔化す (gomakasu = tricher). Il n'y a donc ici aucun lien étymologique entre les Kanji et le mot. 

    Les Jukujikun, eux, sont employés uniquement à visée sémantique. Cela signifie que les kanji ne suivent ni la prononciation on, ni la prononciation kun. C'est notamment le cas de 煙草  (Tobako = Tabac). 煙 signifie "Fumée" et 草 "Herbe". Vous aurez compris l'association. 

     

    Nous venons de voir les particularités et les prononciations des Kanji, nous allons maintenant aborder les différents moyens qui ont été mis en place pour répertorier ces derniers dans un dictionnaire de Kanji. Chaque Kanji est composé d'une ou plusieurs clés (bushu), ou constitue en lui même une clé. Il y en a en tout 214, ce qui constitue une grande simplification par rapport aux 2136 Kanji de départ! Il existe 7 grand types de lieux où on peut trouver une clé:

     

    Hen (偏) Gauche 女 dans 妹
    Tsukuri (旁) Droite 阝 dans 部
    Kanmuri (冠) Dessus 雨 dans 雪
    Ashi (脚) Dessous 心 dans 思
    Tare (垂れ) En haut et à gauche 尸 dans 尽
    Nyō (繞) Gauche et bas 廴 dans 
    Kamae (構) Autour 門 dans 聞

    Tableau indiquant les différentes positions possibles pour une clé (Bushu)

     

    Même si les clés facilitent grandement la tâche de chercher un Kanji dans un dictionnaire, chercher les Kanji avec un seul critère peut vite s'avérer fastidieux... C'est pour cela qu'il existe un deuxième critère: le nombre de traits.  En croisant les deux critères, il devient alors presque "facile" de chercher un Kanji dans le dictionnaire. Il en existe dans le commerce en format papier, mais également sur le net . Essayez de vous exercer! A moins que le fait d'être illettré ne vous frustre pas, vous utiliserez souvent ce type de site. N'hésitez pas à augmenter la taille de la police d'écriture avec Ctrl + = pour bien voir les Kanji comportant de nombreux traits! 

     

    Même si parler des Kanji est chose difficile, je pense vous avoir communiqué l'essentiel de ce qu'il y a à savoir sur les Kanji. L'important maintenant est de ne pas abandonner à cause de la difficulté, ni de tenter d'apprendre des Kanji bêtement par coeur. Ils seront appris en même temps que les mots qui leurs correspondent. Ensuite, vous arriverez à deviner le sens d'un mot rien qu'en lisant les Kanji qui le composent!(malheureusement, parfois il n'y a aucun lien entre l'étymologie des Kanji et le sens du mot, désolé). Alors ne vous prenez pas la tête, l'heure ici n'est pas de faire de vous un spécialiste des Kanji, juste de vous faire comprendre leur fonctionnement global et leur rôle, ainsi que comment les apprendre.

    J'admets que cette partie est l'une des plus corsées, c'est pourquoi n'hésitez pas à poser des questions. Je vous ai concocté un petit exercice pour vous aider à chercher des kanji dans le dictionnaire de Kanji  en utilisant les clés et le nombre de traits.

     

    Exercice:  Chercher le sens et la prononciation des mots suivants dans un dictionnaire de Kanji, et les transcrire en hiragana.

     

    日本語、中国人、座談会、

     

    魚屋、本屋、病院、

     

    美容院、翻訳、水族館、

     

    先生、医者、授業、

     

    大学、自転車、電話、

     

    電車、電気、天気。

     

    Réponses: 

    にほんご(langue japonaise),ちゅうごくじん (chinois),ざだんかい (symposium, table ronde), さかなや(poissonnerie), ほんや(librairie), びょういん(hôpital)
    びよういん(salon de beauté), ほんやく(traduction), すいぞくかん(aquarium)
    せんせい(professeur), いしゃ(médecin), じゅぎょう(cours)
    だいがく(université), じてんしゃ(vélo), でんわ(téléphone)
    でんしゃ(train), でんき(électricité, lampe), てんき(temps, météo)

     

    Nous finissons donc les cours sur l'écriture avec ce cours sur les Kanji. Nous nous focaliserons par la suite sur la grammaire japonaise, qui diffère totalement de la notre! D'ici là prenez soin de vous et ne vous frappez pas trop la tête contre les murs parce que vous n'arrivez pas à lire un Kanji à 32 traits! 

     

    またね

    侍猫

     

     

     

     

     

     

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  • Vous voici à l'aboutissement de votre initiation sur les systèmes d'écriture utilisés dans la langue japonaise. Nous avons vu dans les leçons précédentes les Hiragana  et les Katakana. Nous allons à présent nous tourner vers le système d'écriture le plus difficile, les Kanji. Avant toute chose, intéressons nous à l'étymologie de ce mot qui en dit long sur leur origine... Kanji, s'écrit 漢字. Le caractère 漢 (kan) fait référence à l'ethnie chinoise des Han, tandis que le caractère 字 (ji) signifie "caractère", tout simplement. Il faut donc comprendre que les Kanji sont des caractères utilisés en Chine avant d'êtres importés au Japon. Cela nous amène donc à une petite clarification historique avant d'entrer dans les détails techniques!

    L'apparition des Kanji remonte à des temps ancestraux, ainsi l'explication de leur origine tient plus de la théorie que d'un fait 100% vérifiable. Vous devrez vous en contenter! 

     

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     La naissance des Kanji remonte à des temps immémoriaux. Il est estimé que leur apparition date de -2000 avant JC (dynastie Shang), en Chine. A l'époque, les chinois se posaient de nombreuses questions sur le paradis, et brûlaient des carapaces de tortues ou des ossements d'animaux pour faire appel à leurs divinités. Lors de leur combustion, des craquelures apparaissaient, suscitant alors la curiosité des contemporains. Elles étaient vues comme un message divin. En analysant les craquelures, ils associèrent un sens à chacune de ces formes. Avec un peu, je dirais même beaucoup d'imagination, ils réussirent à rapprocher les formes des craquelures à des objets de la vie réelle. Une période assez difficile pour les tortues donc... observons ainsi une minute de silence en leur mémoire.

       

    Une coquille de tortue avec des inscriptions
    en ossécaille                        

    Un peu plus tard, les scribes eurent l'idée de réaliser un inventaire de toutes les craquelures observées. Dans leur idée, apprendre ces craquelures leur permettrait de renvoyer une réponse aux divinités. Cette écriture se nomme l'écriture ossécaille. De nombreux échantillons de carapaces de tortues avec des inscriptions en ossécaille ont été retrouvés en Chine, ce qui va dans le sens de cette théorie. A partir de cette base, l'écriture évolua au cours du temps pour se rapprocher des Kanji actuels.

    Une autre légende raconte que c'est Cang Jie, personnage mythologique possédant 4 yeux et des pupilles doubles, qui aurait inventé les Kanji après avoir rencontré un phoenix. La légende raconte qu'il prit le temps d'associer un caractère à chaque chose existante. (voilà quelqu'un qui ne comptait pas ses heures!). A vous de choisir la théorie qui vous semble la plus plausible.

    history kanji evolution

    De la gauche vers la droite: évolution de l'écriture des Kanji en Chine. (L'écriture ossécaille correspond à la première colonne: "Tortoiseshell writing")

    La transition de la dynastie Shang (-1570 à -1045) à la dynastie Zhou (-1045 à -246) marqua la fin de l'écriture ossécaille et le début des Kanji à proprement parler. Ils trouvèrent ce système d'écriture et s'en inspirèrent. Toutefois, les scribes ne prirent jamais réellement le temps d'apprendre les originaux, et commencèrent à écrire des nouveaux caractères lorsqu'ils n'avaient pas trouvé le caractère équivalent. Chacun de ces "oublis" aboutit alors à la formation de Kanji (la différence entre les écritures ossécaille et l'écriture Kanji est quand même frappante!). Toutefois, étant donné qu'il existait à l'époque plusieurs royaumes en Chine, chaque royaume écrivait à sa manière, ce qui n'était pas vraiment pratique pour la communication!

    Puis vint la dynastie des Qin (-221 à -206),qui aboutit à l'unification de la Chine en un un seul royaume. Et là, vous le sentez venir, il en fut de même pour l'écriture. Le premier ministre de l'époque, Li Su, créa une liste de 3300 Kanji que tout le monde devait savoir pour lire et écrire correctement le chinois. Mais ce système a évolué: les chinois utilisent désormais 5000 Kanji usuels contre "seulement" 3000 pour les japonais. 

    L'arrivée de l'écriture Kanji au japon est hélas un peu obscure! Une lettre venue de la péninsule coréenne arriva au Ve siècle à la cour de l'empereur Ôjin, écrite en Kanji. L'apparition des Kanji dans la langue est donc estimée à cette époque.

    Une sacrée histoire, non?

     

    Recentrons nous maintenant sur le Japon. Il a été dit plus haut que la langue Japonaise comptait 3000 Kanji lors de l'arrivée de ce système d'écriture. Mais plusieurs réformes ont été réalisées dans l'histoire du Japon, visant à simplifier la langue:

    _ En 1922, une liste de 1962 Kanji d'usage (Jôyô Kanji) est établie, mais non appliquée en raison du grand séisme du Kantô en 1923.

    _ En 1942, une nouvelle tentative de réduction des jôyô Kanji eut lieu,cette fois-ci au nombre de 2528. Elle fut malheureusement un échec, le Japon de l'époque s'étant lancé dans la seconde guerre mondiale. 

    _ En 1946, une nouvelle tentative qui fut cette fois ci un succès. 1850 Kanji sont dans cette liste. Cette réforme a été réalisée pour lutter contre l'illettrisme (même si des études ont montré qu'il n'était que de 2% à l'époque).

    _ En 2010, passage à 2136 jôyô Kanji. La raison imputable à ces rajouts est le mécontentement de la population suite à la suppression de Kanji présents dans les prénoms. Au départ, une liste séparée a été créée pour les prénoms. 

    Vous n'avez donc QUE 2136 Kanji à apprendre pour lire et écrire parfaitement le japonais! Enfin ne vous précipitez pas. Contrairement aux Hiragana et aux Katakana, leur apprentissage ne se fait pas en un jour... Vous les apprendrez au fur et à mesure, en découvrant de nouveaux mots. 

    Allez, il ne faut pas désespérer!  Si un enfant peut le faire...

     

    Cette première partie a traité de l'histoire des Kanji de leur origine jusqu'à nos jours. Mais le cours est loin d'être fini! Le prochain cours sur les Kanji vous donnera toutes les clés pour les apprendre correctement et les écrire. Libre à vous de revoir vos Hiragana et Katakana pendant ce temps, car nous y ferons référence dans la leçon qui suit. Allez, courage, vous avez déjà accompli un beau bout de chemin! 

    またね

    侍猫

     

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  • Le système d'écriture Katakana est le système d'écriture le moins utilisé en japonais. La raison de sa rareté est assez simple à comprendre: il n'est utilisé que pour écrire les mots d'origine étrangère, les noms de pays (à l'exception de la chine (中国) et la corée (韓国)), les onomatopées et les noms étrangers. Quand je dis étranger, comprenez "ni japonais ni chinois", car si vous avez suivi jusque là, vous savez que les noms et prénoms chinois sont écrits en kanji. Aucune modification n'est donc apportée à la graphie du nom/prénom. C'est au niveau de la prononciation que tout change... Mais les kanji ne sont pas l'objet de ce cours, nous verrons cela en temps voulu.

    Le fait que les japonais utilisent les katakanas pour transcrire les mots étrangers ne veut pas dire qu'ils ne savent pas lire nos chers caractères latins, juste que vous serez mieux vu par les locaux en écrivant votre nom en Katakana. Alors faites un petit effort, d'autant plus que ce système d'écriture est le plus facile à apprendre. 

    Mais comme le veut la coutume, le cours ne va pas commencer sans un petit historique. Vous rappelez-vous du fameux moine Kûkai? Il a été envoyé en chine par l'empereur pour recevoir l'investiture des écoles shingon chinoises. Durant son voyage, il a également été en Inde, où il apprit l'écriture sanskrit. Ce système d'écriture inspira beaucoup Kûkai, qui eut l'idée de moderniser le système d'écriture japonais en créant les Hiragana et Katakana, en s'inspirant à la fois du sanskrit et en prenant pour base les mannyôgana. (cf cours sur les Hiragana).

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    L'évolution des Mannyôgana aux Hiragana (gauche) et Katakana (droite)  (évolution à lire de droite à gauche pour une case)

     

    En voyant ce tableau, quelque chose surprend immédiatement: il n'y a eu aucun système intermédiaire entre les Mannyôgana et les Katakana. Lors de la mise en place de ce système par Kûkai au IXe siècle, ils n'avaient qu'une seule utilisation: la transcription des sutras (textes religieux bouddhistes, écrits en Kaishû (楷書) : système d'écriture chinois traditionnel). A l'époque, l'apprentissage du chinois était réservé à l'aristocratie et aux moines, un peu comme pour le latin en Europe. L'invention des Katana permit donc de démocratiser la religion bouddhiste au petit peuple, faisant fleurir de nouvelles écoles un peu partout au Japon.

    En 1549, François Xavier et ses missionnaires jésuites débarquèrent au Japon dans l'optique de les convertir au christianisme. Même si leur évangélisation fut un échec cuisant et aboutit à la persécution des chrétiens au Japon, ce fut l'un des premiers contacts entre les européens et les japonais.  L'utilisation de ce système d'écriture alors ensuite étendu à la transcription des prénoms et des mots occidentaux, comme キリスト (le christ). L'utilisation des katakana restait donc essentiellement dans les textes bouddhistes. 

    Toutefois, même avec l'apparition de nouvelles technologies importées d'occident, la langue japonaise fit fi de l'écriture en katakana et s'efforça de "japoniser" les mots en leur trouvant un sens en kanji. C'est le cas notamment de 車 (kuruma = voiture)、電車 (densha = train)、電気 (denki = électricité, lampe). 

    L'année 1945 marqua la fin de cette inventivité linguistique. A la place de mots "japonisés",  de nombreux mots d'origine anglo-saxonne transcrits en katakana firent leur apparition dans la langue japonaise, comme コンピューター (ordinateur), カード (carte), エアコン (air conditionné), et tant d'autres... Alors les gens qui sont bons en anglais, frottez vous les mains, vous aurez quelques mots transparents... Enfin ne vous frottez pas trop les mains, je le rappelle, l'utilisation des katakana est relativement limitée. 

     

    Maintenant que l'histoire des Katakana n'a plus de secret pour vous, nous allons pouvoir nous concentrer sur les aspects plus techniques. 

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    Le tableau tant attendu des Katakana, et avec l'ordre des traits, que demander de plus?

    Remarque: L'utilisation des Katakana WI et WE est obsolète. Ils s'écrivent désormais respectivement ウィ et  ウェ

    L'avez-vous remarqué? Le nombre d'Hiragana et de Katakana est sensiblement le même! Cela n'a rien de surprenant, étant donné qu'ils viennent de la même base, rappelez-vous. Le côté positif de la chose est que les règles qui s'appliquaient aux Hiragana s'appliquent également aux Katakana. 

    Vous remarquerez également de nombreuses ressemblance entre certains hiragana et katakana qui vous aideront grandement à les apprendre! C'est le cas par exemple pour ni (に en hiragana, ニ en katakana) et ka (か en hiragana, カ en katakana). Malheureusement, comme rien n'est simple, vous aurez aussi des faux amis comme l'hiragana de se (せ) et le katakana de sa ( サ) qui se ressemblent! 

    Mais de toute évidence, les katakana suivants vous donneront envie de vous jeter par la fenêtre: 

    ソ : SO

    ン : N

    シ : SHI

    ツ : TSU

    Mais pas de panique...!!! 

    Le SO est moins incliné que le N , possède un trait plus long. Le trait du bas du SO est légèrement recourbé.
    Le deux traits du SHI sont inclinés alors que ceux du TSU sont droits. Le trait du bas du TSU est légèrement recourbé. 

    En espérant que cela vous aide!

    Les DAKUTEN (")

    L'ajout du dakuten " à un katakana permet de changer le son de certains katakana (indiqué entre parenthèses)

    カ(ka), ケ(ke),  キ(ki),  コ (ko), ク(ku) => ガ(ga), ゲ(ge), ギ(gi), ゴ(go), グ(gu)

    タ(ta), テ(te), ト(to), ツ(tsu) => ダ(da), デ(de), ト(to), ヅ(dzu)

    サ(sa), セ(se), シ(shi), ソ(so), ス(su) => ザ(za), ゼ(ze), ジ(ji),ゾ(zo), ズ(zu)

     

    ハ(ha), ヘ(he), ヒ(hi), ホ(ho), フ(fu) => バ(ba), ベ(be), ビ(bi), ビ (bo), ブ(bu)

     Les HANDAKUTEN (°)

    L'ajout du handakuten ° à un katakana permet de changer le son (indiqué entre parenthèses)

     

    ハ(ha), ヘ(he), ヒ(hi), ホ(ho), フ(fu) => パ(pa), ペ(pe), ピ(pi), ポ(po), プ(pu)

     

    _ Syllabes doublées (ッ)

    La présence d'un petit tsu indique la présence d'une syllabe doublée. La syllabe suivant le petit tsu est doublée.

    Exemple:  ベッド => be ddo

     

    _ Associations de Katakana

    Tous les Katakana ne peuvent pas être associés ensemble. Cela n'est possible qu'avec les Katakana se terminant par i (soit キ、チ、シ、ミ、リ、ニet leurs dakuten/handakuten associés) et une syllabe commençant par y (soit ヤ、ヨ、ユ) 

    exemple: キャ (kya) キョ (kyo)

     

    _ Faire une voyelle longue (ー)  !! EXCLUSIVITE KATAKANA !!

     

    Pour faire une voyelle longue, attention, ce n'est pas comme vous avez déjà appris avec les Hiragana. L'utilisation de ce caractère ー permet d'allonger la syllabe qui le précède. 

    Exemple: コンピューター = konpyûtâ (ordinateur)

     

    Vous voilà maintenant maître des hiragana et des katakana! Vous êtes sur la bonne voie! Il faut maintenant continuer à pratiquer en allant sur les sites japonais par exemple. Si vous avez des questions, n'hésitez pas, je me ferais un plaisir de vous répondre. 

    Pour que vous puissiez réviser vos katakana, de l'exercice s'impose:

    Exercice: Transcrire en rômaji et trouver si possible leur sens

    パソコン 、ボール、トランク、デパート、コンビニ、ベッド、エアコン、プール、トイレ、フランス、アメリカ、ドイツ、コンピューター、チョコレート、ビール、パン

    Réponse :  pasokon (ordinateur portable), booru (balle), toranku (valise), depaato (centre commercial), eakon (air conditionné), konbini (nom d'une chaîne de supermarché japonais), puuru (piscine), toire (toilettes), furansu (france), amerika (amérique), doitsu (allemagne), konpyuutaa (ordinateur), chokoreeto (chocolat), biiru (bière), pan (pain)

    Exercice: Ecrivez votre prénom en Japonais et mettez-le en commentaire!

    お名前は何ですか?(O namae wa nan desu ka = Quel est votre nom?)

     

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    En parlant de prénoms , voici la liste des prénoms japonais les plus répandus au Japon en 2011! On retrouve Hiroto chez les garçons et Hina chez les filles ... à vous de lire le reste!

     

     Le prochain cours portera sur les Kanjis! C'est un assez gros morceau, mais après les avoir vus nous en aurons fini avec l'écriture et nous pourrons enfin nous adonner à formuler des phrases en japonais! Super, non? D'ici là portez vous bien! 

     

    またね

    侍猫

     

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  • Le système d'écriture Hiragana est le système que vous rencontrerez le plus dans un texte japonais. Dans la mesure où les hiragana sont partout où il n'y a ni kanji, ni katakana, il est possible de dire qu'ils jouent un peu le rôle de "bouche-trou". 

    Mais avant de commencer à entrer dans le vif du sujet, je vous propose de faire une petite rétrospective des systèmes d'écriture ayant existé au Japon. Vous allez alors vous dire: "Diantre! Mais les Hiragana sont d'une simplicité enfantine!!". Enfin, c'est ce que je pense. Peut être allez vous fermer cette page en poussant des cris d'effroi en voyant la difficulté, dans ce cas, il est évident que vous n'avez aucun honneur. Il est temps de se faire seppuku. Enfin bref, je m'égare! 

     

    Pour commencer, ce qui est bon à savoir est que le premier système d'écriture est apparu au VIe siècle avec l'arrivée d'écoles de moines bouddhistes Zen chinois au Japon. A l'époque, le système utilisé était le système des Mannyôgana, composé exclusivement de kanji (caractères chinois). 970 kanjis étaient alors utilisés pour représenter les 90 morae du japonais.

    Un moraquoi??? Un petit exemple simple pour expliquer ce que sont les morae avec le mot とうきょう. (tôkyô, toukyou en rômaji) Si nous décomposons ce mot en morae, cela donne:

    to u kyo u , soit 4 morae. Simple non?

    Revenons maintenant à nos Mannyôgana, et comparons une phrase en Mannyôgana avec une phrase en japonais actuel. 

    Exemple:  La plupart du temps je rentre à la maison avec ma soeur.

    たいてい妹と家に帰る  : Japonais actuel

    太以天以以毛止止以衣仁加衣留  : Japonais du VIe siècle

    Les Mannyôgana, c'est horrible...mais c'est faisable...mais c'est horrible...
    En effet, contrairement au chinois qui fonctionne sur un système d'idéogrammes (soit chaque caractère correspond à un mot ou compose un mot), ce système a emprunté les kanjis pour réaliser un syllabaire. Les efforts pour lire la phrase sont beaucoup plus grands car il n'y a aucune séparation entre les caractères, cestcommesijememettaisàecrirecommeçacesttoutdesuitebeaucoupmoinsagreableàlirenon? La deuxième difficulté est que les kanji sont beaucoup moins agréables à lire. 

     

    Les Hiragana

    Mais ce système n'étant pas très adapté à la langue japonaise, il n'a pas duré, et a été remplacé au IXe siècle. Et c'est encore à un moine que nous devons ce changement! Cette fois ci ce n'est pas un moine Zen chinois, mais un moine Shingon japonais du nom de Kûkai.

    Il a été envoyé en chine par l'empereur pour recevoir l'investiture des écoles shingon chinoises. Durant son voyage, il a également été en Inde, où il apprit l'écriture sanskrit. Ce système d'écriture inspira beaucoup Kûkai, qui eut l'idée de moderniser le système d'écriture japonais en créant les Hiragana et Katakana, en s'inspirant à la fois du sanskrit et en prenant pour base les mannyôgana.

     

                                                                Les Hentaigana, version édulcorée des Mannyôgana          

    On peut voir en effet de la ressemblance pour certains caractères comme le ni (仁 et に).    

    Mais la transformation ne se fit pas en un jour, et il y eut un système intermédiaire appelé Hentaigana (non, cela n'a aucun rapport avec le Hentai, bande de pervers!!!!), qui dura jusque 1900, où les hiragana furent standardisés à un caractère par mora. Hourra! 

    Allez, maintenant que vous savez tout sur les hiragana, ça pourrait peut être sympathique d'apprendre à les lire et les écrire, non? Voilà le tableau tant attendu!!!

    Les Hiragana

                   Le tableau tant attendu des Hiragana, et avec l'ordre des traits, que demande le peuple?

    Ce tableau représente les Hiragana de base. Nous allons désormais apprendre à former d'autres syllabes à l'aide des syllabes existantes.

    _ Les DAKUTEN (")

    L'ajout du dakuten " à un hiragana permet de changer le son de certains hiragana (indiqué entre parenthèses)

    か (ka), け (ke),  き (ki),  こ (ko), く (ku) => が (ga), げ (ge), ぎ (gi), ご (go), ぐ (gu)

    た (ta), て (te), と (to), つ (tsu) => だ (da), で (de), ど(do), づ (dzu)

    さ (sa), せ (se), し (shi), そ (so), す(su) => ざ (za), ぜ (ze), じ (ji),ぞ (zo), ず (zu)

    は (ha), へ (he), ひ (hi), ほ (ho), ふ (fu) => ば (ba), べ (be), び (bi), ぼ (bo), ぶ (bu)

    Les HANDAKUTEN (°)

     

    L'ajout du handakuten ° à un hiragana permet de changer le son (indiqué entre parenthèses)

    は (ha), へ (he), ひ (hi), ほ (ho), ふ (fu) => ぱ (pa), ぺ (pe), ぴ (pi), ぽ (po), ぷ (pu)

    _ Syllabes doublées (っ)

    La présence d'un petit tsu indique la présence d'une syllabe doublée. La syllabe suivant le petit tsu est doublée.

    Exemple:  よかった => yo ka tta

    _ Associations d'Hiragana

    Tous les Hiragana ne peuvent pas être associés ensemble. Cela n'est possible qu'avec les Hiragana se terminant par i (soit き、ち、し、み、り、に et leurs dakuten/handakuten associés) et une syllabe commençant par y (soit や、よ、ゆ) 

    exemple: きゃ (kya) きょ (kyo)

    _ Faire un o/u long  (ô)

    Pour faire un o long, c'est très simple, il suffit de rajouter un う après le o ou le u que l'on veut allonger. 

    Un exemple que vous connaissez bien: とうきょう qui ne se dit pas to u kyo u , mais tô kyô, la célèbre capitale du Japon! 

     

    Voilà, vous savez maintenant tout ce qu'il y a à savoir sur les hiragana! Il ne vous reste plus qu'à pratiquer, ça , je ne peux pas le faire à votre place! Si vous avez des questions, n'hésitez pas, je me ferais un plaisir de vous répondre.

    Pour que vous puissiez réviser vos hiragana, un petit exercice: 

    Exercice:  Transcrire en rômaji

     わたし、あなた、ねこ、いぬ、かぞく、いえ、あたらしい、きょうと、ほんしゅう、ひこうき、じてんしゃ、でんしゃ、てんき、しょうじょう、おみやげ、げんき、さだめ、じゅぎょう

    Réponses: watashi, anata, neko, inu, kazoku, ie, atarashii, kyouto, honshuu, hikouki, jitensha, densha, tenki, shoujou, omiyage, genki, sadame, juugyou

     

    Le prochain cours portera sur les katakana, un autre syllabaire!

     

    またね

    侍猫

     

     

     

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    Ce que vous devez savoir avant de commencer!

    Avant toute chose, l'apprentissage de l'écriture!

    Si vous êtes en train de lire ces lignes, c'est que vous avez entrepris d'apprendre le Japonais, bravo! Les raisons qui vous poussent tous à lire ces cours sont diverses: un voyage au japon, des motivations d'ordre professionnelles, le fait de pouvoir regarder vos animes préférés en VO non sous titrée...  Chacun a sa raison, et c'est tout à votre honneur. La chose la plus importante à savoir dans un premier lieu est que le facteur majeur qui déterminera votre réussite sera votre MOTIVATION. 

    Avant toute chose, j'ai jugé utile de faire un petit forum questions/réponses dans le but de répondre aux idées reçues de tous les nouveaux apprenants. 

    Q: Est-ce que le japonais est une langue difficile?

    R: Je ne mentirais pas ici en disant qu'effectivement, le japonais est une langue difficile... comme toute langue, oui. Rien n'est facile si on désire maîtriser le sujet avec précision. Toutefois, le japonais reste une langue plus difficile que l'anglais pour un français par exemple. Pourquoi? 

    1) L'écriture: Je ne vous apprends rien, l'écriture japonaise n'a rien à voir avec notre alphabet latin. Jetons un coup d'oeil à ce système d'écriture avec une phrase simple. 

    田中さんはマーリさんと買い物に行きました。

    Nous pouvons remarquer 3 systèmes d'écriture:

    _ Les Hiragana (ひらがな) : 田中さんはマーリさんときました

    _ Les Katakana (カタカナ) : 田中さんはマーリさんと買い物に行きました。

    _ Les Kanji (漢字) : 田中さんはマーリさんときました。

    Les Hiragana et Katakana sont des syllabaires qui ne vous poseront que peu de problèmes lors de votre apprentissage. Personnellement, j'ai appris les deux systèmes d'écriture en une soirée, et j'ai commencé à les maîtriser au bout d'un mois environ. Ce qui peut vous aider à retenir ces caractères est d'aller sur des sites japonais (comme Nikonikodouga), de regarder des vidéos, etc... Bref, d'habituer son oeil à ces systèmes d'écriture. 

    En ce qui concerne les Kanji, ils feront l'objet d'une frustration extrême. Vous en apprendrez progressivement au cours du temps, avec le vocabulaire. Il ne faudra en aucun cas s'obstiner à vouloir les apprendre en bloc! Ils feront l'objet d'une leçon complète.

    2) La grammaire: La grammaire japonaise est assez atypique vue par un français. En effet, alors que le français est une langue SVO (Sujet-Verbe-Objet), le japonais est une langue SOV (Sujet-Objet-Verbe), ce qui signifie que l'ordre de la phrase se verra forcément bien différent du français (le verbe sera toujours à la fin en japonais). Je dirais même, par expérience, qu'il est souvent même l'inverse du français! Il existe également des particules enclictiques: ce sont des caractères indiquant la fonction grammaticale du mot qui le précède. Même si leur apprentissage n'est pas difficile en soit, les confusions seront courantes au début!

    3) Discours variant selon la politesse et le sexe: Sur ce point, la langue japonaise est beaucoup plus développée que le français. Vous serez tout d'abord surpris en découvrant que plusieurs mots totalement différents veulent dire strictement la même chose, au degré de politesse près...  Il faut également tenir compte du fait que le discours masculin et féminin présenteront des différences. Donc, même s'il est tentant de dialoguer avec un correspondant du sexe opposé... Vous parlerez comme cette personne et donc pas comme vous vous devez de parler.

    La politesse est selon moi avec les kanjis le point le plus difficile de la langue japonaise. Voici un petit exemple de phrase illustrant la difficulté.

    その家は綺麗ではありませんので、入りませんでした。 
    Sono ie wa kirei dewa arimasen node, hairimasen deshita.  (forme polie)

    その家は綺麗じゃないから、入らなかった。
    Sono ie wa kirei ja nai kara, haranakatta. (forme neutre)

    Les deux phrases veulent toutes les deux dire: "Je ne suis pas entré car cette maison n'était pas propre".

    Malheureusement pour vous, les deux formes sont indispensables pour parler en japonais, vous comprendrez assez vite pourquoi lorsque nous aborderons la conjugaison.

    4) Le contexte: Le japonais est une langue dépendant fortement du contexte. Lorsque le destinataire est connu, il est jugé inutile de d'indiquer certaines précisions, comme le sujet ou l'objet de la phrase. Une phrase constituée uniquement d'un verbe est correcte en japonais. 

    Petit exemple: Prenons un dialogue en français. 

    _ Manges tu du pain? 

    _ Oui, je mange du pain. 

    Regardons maintenant la traduction en japonais :

    _ パンを食べますか? (pan wo tabemasu ka?), littéralement "pain manger?". Aucun renseignement n'est donné sur le sujet!

    _ はい、食べます。 (hai, tabemasu), littéralement "oui, manger". Aucun renseignement là encore sur le sujet. Mais il y a ici aucun renseignement sur l'objet.

    C'est tout simplement car les deux personnes sont l'une face de l'autre, il est donc jugé inutile en japonais de préciser quel est le sujet de la phrase. Le sujet sera donc la plupart du temps omis, sauf lorsqu'il y a un doute possible. 

    Toutefois, si la situation n'est pas claire au départ, il est possible d'avoir des biais dans la traduction...

    Q: Comment différencier une phrase en japonais d'une en chinois? 

    R: Vous l'avez vu, dans la langue japonaise, il existe des caractères chinois (les kanji), mais alors, comment différencier une phrase japonaise d'une phrase chinoise? C'est très simple!

    Un texte chinois est ESSENTIELLEMENT constitué de kanji.

     我在吃平果 (je mange une pomme)

    En japonais, il y a en plus des kanji des HIRAGANA et KATAKANA. (cf question 1)

    リンゴを食べます (je mange une pomme)

    C'est radicalement différent! Je pense qu'il y a peu de risque de confusion. 

    Q: J'ai pourtant entendu dire que le japonais était plus simple pour les français, c'est donc une légende?

    R: Oui et non. A vrai dire, le principal avantage que nous avons sur des apprenants anglais par exemple , est que tous les sons existant en japonais existent déjà dans la langue française. Il n'y a donc pas de difficultés à l'oral.  (cf question suivante). En revanche, pour le reste, nous n'avons pas vraiment d'avantage...

    Q: Est-ce que la prononciation est difficile? 

    R: Pas du tout! Tout se prononce de la même façon en japonais et en japonais à quelques exceptions près...

    _ U se dit "ou"
    _ OU se dit "ô" (o long)
    _ Les R sont roulés (ce n'est ni un R ni un L)
    _ JI se dit "dji" comme dans jean
    _ CHI se dit "tchi" comme dans chicken
    _ SHI se dit "chi" comme dans chien
    _ Les H sont toujours aspirés 
    _ Les F sont aspirés, un mélange entre un F et un H
    _ Les U en fin de phrase ne se prononcent pas (lettre muette)  ex: tabemasu se dit tabemass'
    _ Les N sont accentués (ex: pan se dit "panne")
    _ Les N devant les P se disent M  (ex: senpai qui s'écrit senpai mais se dit sempai)

    C'est relativement facile, non?

    Q: Comment écrire en japonais avec mon ordinateur? (Windows)

    Aller dans démarrer, puis panneau de configuration, choisir "Horloge, langue et région" puis cliquer sur "modifier les claviers et autres méthodes d'entrée".  Dans l'onglet "claviers et langues", cliquer sur "modifier les claviers". Dans la liste, trouver "Japonais (Japon)", et cliquer sur ajouter. Prendre soin d'ajouter l'IME. C'est avec cet outil qu'il sera possible d'entrer des caractères japonais sur l'ordinateur. 

    NB: Le clavier est en QWERTY. 

    Par la même occasion, installer le clavier japonais mettra fin aux problèmes de lecture des caractères d'extrême orient. 

    Q: Puis-je réussir mon apprentissage du japonais en utilisant uniquement les româji (caractères latins)? 

    R: Je conçois que l'apprentissage de l'écriture n'est pas chose simple... D'ailleurs, certaines personnes essayent de zapper cet aspect de la langue en pensant pouvoir quand même se débrouiller lors d'un voyage. Malheureusement, je suis au regret de vous annoncer que si vous faites l'impasse sur l'écriture, vous n'arriverez jamais à rien en japonais! Je le dis un peu violemment, mais je m'explique... Voici plusieurs raisons vous motivant à vous débarrasser des româji au plus vite: 

    1) Aucun japonais n'utilise les rômaji pour parler japonais! (uniquement les panneaux des grandes villes indiquant les localités). Vous serez donc incapable de lire tout texte en japonais. C'est malheureux d'être illettré, non?

    2) C'est faire l'impasse sur la non univocité des kanji. 

    ex:  置きます et 起きますse disent tous les deux "Okimasu". Mais l'un signifie "poser" et l'autre "se lever". Diantre! Si j'écris en româji, seul le contexte pourra me sauver! (c'est d'ailleurs aussi vrai pour ceux qui écrivent uniquement en hiragana, mais comme je l'ai dit tout à l'heure, l'apprentissage des kanjis est progressif). 

    En résumé : c'est la chose à ne pas faire! 
    Faites passer le message à vos amis! ^^

     

     

    Je pense avoir répondu aux interrogations que se posent les gens avant de commencer leur apprentissage. Si vous avez des questions sur le contenu de l'article ou des interrogations supplémentaires, n'hésitez pas à les mentionner dans les commentaires. Je me ferais un plaisir de vous répondre!

     

    Vous êtes maintenant fins prêts pour commencer à entrer dans le vif du sujet!! Rendez vous au prochain cours, qui portera sur les hiragana! 

     

    またね

    侍猫

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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